Tout va changer

Tout va changer

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Franck BEUTTINUne nouvelle ère s’ouvre devant nos yeux. Les derniers combats d’arrière garde en sont le symbole. La société des privilèges est à bout de souffle. C’est bien fini le temps où les citoyens attendaient tout de l’Etat. Acheter l’aliénation devient une hérésie, le bâton pour se faire battre. Oui ce modèle de société touche à sa fin. Cet affrontement, entre les grands patrons salariés des grandes entreprises et les syndicats radicaux, signe la fin d’une pièce de théâtre désuète, car aucune des deux parties ne répond à l’aspiration des français.

Ce matin,  « le jour s’est levé, sur une étrange idée… »

En 2011, nous avions 243 grandes entreprises qui employaient à elles seules 30 % des salariés, 5 000 entreprises de taille intermédiaire (ETI), 138 000 petites et moyennes entreprises (PME) hors microentreprises, et 3 millions de microentreprises. (source Insee)
 
1 – Le Grand Patronat (citons l’expression du camps opposé), est composé majoritairement de salariés très bien payés sans avoir eu à mouiller leurs chemises et utiliser leurs deniers pour créer et amorcer une entreprise. Seuls les fondateurs étaient de vrais entrepreneurs. Ces sociétés ne représentent que 2% des entreprises en France et essayent d’imposer leurs conditions aux politiques grâce à leur puissance financière et leur masse salariale. Elles sont d’ailleurs en partie déconnectées de l’économie réelle car capables de réaliser d’énormes déficits tout en restant debout. Elles sont armées d’experts pour optimiser leur fiscalité et négocier des conditions particulières avec l’administration. 
 
2 – Les syndicats radicaux ne représentent pas grand monde (3% des salariés en France). Ils utilisent des moyens d’arrière garde pour des combats d’un autre temps car totalement déconnectés de la réalité d’aujourd’hui. Tels des bourrins, par des actions non pertinentes et non ciblées, ils font beaucoup de mal aux autres salariés et aux petits entrepreneurs qui cherchent à s’en sortir dans un contexte déjà très difficile. J’écoutais RMC dans ma voiture il y a quelques jour. Un syndicaliste CGT s’exprimait face à un travailleur indépendant. Il ne savait même pas qu’un artisan était un chef d’entreprise et qu’un chef d’entreprise pouvait travailler 60 à 80h par semaine sans sortir un revenu. Sans compter que ce sont les mieux lotis qui bloquent les autres, avec leurs régimes spéciaux auxquels il ne faut surtout pas toucher !
 
Et puis il y a la majorité au milieu. Cette majorité est en train de prendre le pouvoir. Uber, BlaBlaCar, Airnb (etc.) en sont des exemples et des prémisses. Le temps est venu où chacun veut être libre de vivre comme il l’entend avec ce qu’il a et comme il peut. Quand l’Etat n’est plus capable de faire fonctionner correctement les services publics et d’assurer un dynamisme par une politique orientée vers l’avant, les citoyens en font leur affaire et prennent le pouvoir 
 
Et si le service public devenait le service rendu par la public pour le public ?! Une grande partie des jeunes ne veut plus du salariat. Les sondages indiquent qu’une proportion de plus en plus importante souhaite devenir entrepreneur et changer de métier régulièrement. Aux Etats-Unis, la proportion s’est déjà inversée entre les travailleurs indépendants et salariés. Travailler dans le bureau d’une entreprise est révolu. Le « coworking » et le télétravail sont en vogue, ce dernier bien incité également par le blocage intempestif des moyens de transport, dits publics. La démocratisation et l’agilité du digital ont changé la donne. Les travailleurs indépendants et les grandes entreprises ont accès quasiment aux mêmes outils.
 
Après les travers et les dégâts causés par la production de masse dans tous les domaines sur notre santé et celle de notre planète (pollution, pesticides, additifs industriels etc.), vient le temps de la production locale de chaque citoyen proposée aux autres citoyens. La production de produits bios, l’électricité (éolien et panneaux solaires), le gaz (recyclage des déchets), le carburant (déchets, colza, électricité).., bref nous n’avons plus besoin des grands ensembles polluants et d’un Etat loin des citoyens. L’Etat doit désormais se contenter de faire respecter les règles établies par les citoyens actifs innovants et pas l’inverse. 
 
Certes, cette révolution commence dans les services et la production de proximité, mais elle va forcément s’imposer dans toute la société. Il ne reste que l’industrie, les travaux publics et la fabrication (usines), très minoritaires en France et en Europe Occidentale, qui peuvent concentrer des salariés. Mais ils devront les garder à prix d’or et il n’est pas exclu qu’eux même ne se  proposent pas chacun en fonction de leur vie personnelle et pas l’inverse. Mieux encore, dans cet univers tourbillonnant où l’individu se lasse, tournant le dos à la spécialisation, il est possible de travailler volontairement pour plusieurs « clients ». Ainsi pourquoi un ouvrier ne déciderait-il pas de travailler 2 jours sur une chaîne de montage chez Renault, puis 2 jours pour un garagiste ou en étant lui-même garagiste, et enfin 1 jour en tant qu’éboueur par ce que ça aurait du sens pour lui de servir la collectivité ?!
 
L’avenir c’est donc de décider de ce que l’on veut faire, combien de temps on veut le faire, tout en sachant pourquoi on veut le faire. C’est s’adapter et se former tout le long de sa vie car, dans une évolution ultra-rapide, personne ne sait ce que seront les besoins et métiers dans 5 ou 10 ans. Chaque innovation entraîne une nouvelle évolution de la société.
C’est vrai : « je rêvais d’un autre monde » où chacun était entrepreneur de sa vie. Même si encore « dansent les ombres du monde », ce nouveau monde a déjà commencé…
Suite à l’écriture de cet article, recherchant une image pour l’illustrer, je suis tombé par  hasard sur cette bande annonce et ce film. Nous sommes forcément déjà nombreux à penser dans le même sens…
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