La Prime embauche premier salarié

La Prime embauche premier salariéaide-premier-salarie

Ce 9 juin dernier, le premier ministre Manuel Valls a annoncé une mesure qui intéresse particulièrement les entrepreneurs sans salarié, et donc également ceux qui ont l’intention de créer leur entreprise, ce qui pourrait les inciter à procéder à une première embauche dans la foulée.

Le but est clairement de pousser les entrepreneurs sans salarié à franchir le pas de l’embauche du premier salarié et éventuellement d’espérer qu’il attrapent le virus. La finalité est de faire baisser les chiffres du chômage.

En effet, avec 1,2 millions d’entreprises sans salariés (hors auto-entrepreneurs), le potentiel d’embauche est très important. Le gouvernement l’a enfin compris.

Cette mesure consiste en une aide globale de 4000€ versée à l’employeur embauchant un salarié en CDI ou CDD supérieur à 12 mois, fractionnée en deux fois :
– 2000€ à la fin de la période d’essai
– 2000€ la 2ème année

embauche-pme-exemples

http://travail-emploi.gouv.fr/grands-dossiers/embauchepme

Mon avis : très bien, l’intention est bonne ! Mais la mesure est beaucoup trop faible.

Par pure coïncidence, pas plus tard que le 27 mai dernier,  j’ai publié un article intitulé “L’Emploi dans les TPE” . Si vous en prenez connaissance, vous vous rendrez compte que cette mesure est bien pauvre.

En effet, quelles sont les principales raisons qui font que les mono-entrepreneurs (on va les appeler comme cela) n’embauchent pas ?! :
– la difficulté à trouver un bon profil qualifié, formé et flexible pour les seconder,
– la lourdeur administrative, notamment la paperasse générée à l’embauche et au départ du salarié qui mangent le temps opérationnel de l’entrepreneur,
– le coût induit par le temps perdu à trouver et former le collaborateur adéquat.

Au bout de 2 ou 3 tentatives infructueuses, l’entrepreneur prend conscience de la difficulté à recruter ce premier salarié et il estime qu’il prend moins de risque à assurer seul son activité.

Sans accompagnement et préparation, il n’est pas sûr que, passée la période d’essai, cette mesure permette à la collaboration de passer les 6 premiers mois. Pourquoi ne pas proposer parallèlement un suivi sur l’identification de points de formation complémentaires la 1ère année ?

Le Chef d’Entreprise a beau avoir défini son besoin et le profil de son premier collaborateur, la 1ère embauche est la plus compliquée car elle demande une polyvalence et une réactivité qui n’est pas la même que dans une grande entreprise où la fonction est bien cloisonnée. En effet, le travail du salarié peut vite évoluer en fonction de l’activité et du besoin de l’entrepreneur. Les professionnels de l’emploi ont-ils reçu mission de préparer le salarié à devoir s’adapter plus qu’à l’accoutumée ?

De plus, l’entrepreneur doit assurer son activité tout en formant ou supervisant le nouveau collaborateur, ce dernier se retrouvant souvent isolé. Tout le monde n’est pas capable d’autonomie.

Mais ce qui nous apparaît le plus stupéfiant dans cette mesure, c’est de transformer l’Entrepreneur en chasseur de prime. Il y a encore de la paperasse en perspective.

Notre proposition de supprimer toutes les charges pendant 1 ou 2 ans n’est-elle pas plus simple et plus opérationnelle ? L’effet serait immédiat et durable. Lorsque le collaborateur devient indispensable (opérationnel et rentable) car il a crée son poste, les charges arrivant plus tard ne poseront pas de problème à l’Entrepreneur. Le coût sera bien moindre que de recruter un nouveau collaborateur avec tous les aléas cités plus hauts. Quel serait l’avantage pour l’entrepreneur de le licencier si tout fonctionne ? Le premier collaborateur devient un pilier de l’entreprise et souvent un bras droit permettant d’aller plus loin dans le développement de l’entreprise.

A suivre…

Franck BEUTTIN

Franck BEUTTIN

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