L’emploi dans les TPE

L’emploi dans les TPE (Très Petites Entreprises)toutpouremploiTPE

La grande majorité des entreprises créées sont, du moins au départ, des TPE. La plupart le restent et ne développent pas de masse salariale. Un tiers des TPE n’ont en effet qu’un seul salarié, mais les entreprises de 1 à 9 salariés regroupent toute de même 20% de l’emploi salarié (hors public) en France. La moyenne des salariés par TPE est de 3, mais un tiers d’entre-elles ne comporte qu’un seul salarié.

Spécifiquement dans les TPE, le recours au Contrat à Durée Déterminé, dont la moitié sont des contrats aidés, est plus important que dans les entreprises de taille supérieure. Cela peut s’expliquer par une plus grande vulnérabilité des TPE, les conséquences du recrutement ayant un impact financier beaucoup plus fort et comportant donc plus de risques pour l’entrepreneur. Le chef d’entreprise a un besoin primordial de vérifier les compétences du salarié mais aussi la capacité à collaborer efficacement avec celui-ci au quotidien. L’utilisation plus fréquent du temps partiel dans les TPE répond également à un besoin de flexibilité accru à cause de l’impact plus fort des aléas de l’activité.

La TPE a besoin d’être beaucoup plus réactive car elle dispose d’une assise plus fragile. Il est étonnant de ne pas retrouver des aides au recrutement spécifiques aux petites entreprises, l’aide à l’emploi du 1er salarié ayant été supprimée. Les aides actuelles sont plutôt orientées vers les publics éloignés de l’emploi. Or, le dirigeant d’une TPE a besoin d’une main d’oeuvre qualifiée, polyvalente et opérationnelle pour le seconder.

Dans cette période de chômage en augmentation constante, il suffirait que chaque dirigeant de TPE sans salarié ou en ayant 1 seul, embauche 1 ou 2 salariés pour résoudre le problème du chômage. Cela paraît une évidence, alors pourquoi mystérieusement nos têtes pensantes n’agissent pas en ce sens ? Que font les syndicats censés représenter les entrepreneurs alors qu’on tire le tapis rouge pour les grandes entreprises qui ont déjà des facilités et leviers financiers importants ?

Pourtant, tout simplement, à mon humble avis, il suffirait de mettre en place, uniquement pour les TPE :
– du personnel dédié au recrutement des TPE dans chaque agence Pôle Emploi avec un suivi dans le temps,
– des formations gratuites de l’entrepreneur au recrutement et aux dispositifs en dehors de leurs horaires de travail (le soir ou le samedi par exemple),
– les 2 premiers emplois sans charges pendant 1 à 2 ans, le temps que l’entrepreneur puisse trouver les premiers collaborateurs adéquats qui entraîneront, dans beaucoup de cas, la poursuite du développement de l’entreprise et de l’emploi,
– une période de 2 à 3 mois où le demandeur d’emploi reste indemnisé par le Pôle Emploi le temps que le salarié soit formé et opérationnel.

Ainsi, en contribuant à l’amorçage du salariat dans les entreprises sans salariés, l’Etat contribuerait :
– à faire baisser le chômage,
– à favoriser et valoriser l’emploi dans les TPE,
– à inverser la tendance de l’entrepreneur seul à ne plus recruter de par la complexité à trouver les bons collaborateurs tout en étant au coeur de l’activité.

Par la force des choses, beaucoup d’entrepreneurs renoncent à recruter par peur de perdre du temps suite à de premières tentatives malheureuses, aux coûts occasionnés qu’il est le seul à supporter et à cause de la complexité administrative qu’il doit gérer en plus de son activité.

Chiffres de l’emploi dans les TPE : http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/2014-099.pdf

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